Togo : La relance par le tourisme

Togo : La relance par le tourisme

Le Togo comme tous ses voisins essaye de relancer le tourisme, au niveau national et international. La particularité du Togo, et notamment à Lomé, c’est que des sites qui pourraient être de puissants leviers pour le tourisme sont à l’abandon. Imaginez que l’Inde laisse le Taj Mahal en friche ou que San Francisco laisse le Golden brigde dans l’oubli ! Et bien le Togo a fait cette erreur et il semble que le ministre de la Culture et du Tourisme, Pierre Kossi Lamadokou, veut apporter une solution à cette problématique. Le Wharf est un symbole fort de cette nouvelle politique culturelle, mais aussi touristique. Le Togo a de nombreux visages, des traditions et une culture ancestrale et il a su garder son authenticité, loin des centres touristiques, il pourrait bien devenir une destination phare en Afrique si la volonté politique affichée se transforme en fait concret sur le terrain.

Les témoins de la colonisation, mais aussi de l’histoire

Comme beaucoup de pays d’Afrique le Toga a du mal à pades super plnnser les plaies de la colonisation. Derrière l’abandon de certains monuments, on peut y voir une revanche sur le passé et une volonté inconsciente de laisser cette période aux limbes de l’Histoire. Le Wharf est le symbole de cette période. Les habitants de Lomé sont habitués à voir son squelette dans le quartier de Kodjoviakopé, l’ancienne zone des colons, surnommée le quartier des Blancs par les habitants. Le Wharf est un quai gigantesque qui courait de la côte à l’océan. Bien que ait été construit par l’empire germanique, c’est un terme anglais qui signifie : « Appontement formant une jetée ». Historiquement, c’est le premier monument construit par les Allemands au Togo. Il a été inauguré pour l’anniversaire de l’empereur Guillaume II, le 27 janvier 1905!

Des ruines encore visibles

Le Wharff n’a pas complètement disparu et on voit encore les piliers se dresser sur la plage de Lomé. Cela donne une impression surréaliste quand la nuit est tombée et que le clair de lune les éclaire, les transformant en fantômes échappés du passé. Ce quai a rapidement eu un rôle majeur dans la vie économique de la capitale togolaise et rapidement dans toute la région. Ce quai était une rampe vers l’exportation pour tous les produits du Togo, même ceux de l’arrière-pays, tout en permettant l’importation de nombreux produits. En vérité, le peuple togolais en profitait peu au niveau pécuniaire, le business appartenait aux colons européens. Le Wharff a sans doute sauvé beaucoup de vie et évité de nombreux accidents en évitant le chargement à partir des pirogues dans un océan rarement amical. Il a aussi modifié Lomé en devenant l’artère commerciale de la capitale. Le marché d’Agbadahonou est né après la création du pont. C’était l’endroit où les denrées et les produits manufacturés s’échangeaient. Le Wharf n’est pas seulement un symbole de la colonisation, mais aussi un monument de l’histoire du Togo qui peut tout aussi bien marquer l’occupation allemande tout en étant un ouvrage qui a transformé profondément Lomé et le Togo. À l’heure où les occidentaux se battent contre la cancel culture, sorte de révisionnisme teinté de bonnes intentions, il serait piquant de voir des pays d’Afrique réhabiliter les ouvrages et les bâtiments de la colonisation. Détruire, c’est oublier. Le Togo ne veut pas oublier et au lieu de déboulonner des statues, il veut les rebâtir.

marché togo

Le Togo, vers le tourisme du 21e siècle?

On sait que le ministre de la Culture et du Tourisme veut relancer le tourisme qui représente uniquement 2,5% du PIB. Il y a donc de la marge et un vrai potentiel. Parfois, l’histoire peut transformer les faiblesses en force. Le tourisme au Togo n’a jamais été au cœur de la politique des hommes qui ont été à la tête du pays. Si le retard pris face à certains pays voisins est grand, ce retard lui permet de ne pas avoir plongé tête baissée dans le tourisme de masse. Nous pouvons dire que le Togo est un pays encore authentique, préservé des hubs touristiques et de ces grands boulevards qui semblent tous identiques que l’on soit à Rabbat, Paris, New York ou Le Cap. Il y a 20 ans, on pouvait s’en plaindre parce que c’est ce que cherchaient les touristes: des lieux de divertissement, de shopping, des cercles de jeu comme à Paris… Aujourd’hui, un mouvement, largement renforcé par la pandémie, tend vers un tourisme en quête authenticité loin des chemins battus, un retour aux sources. C’est une chance pour le Togo qui a tout pour développer un tourisme équitable et enrichissant où la manne financière n’est pas spoliée par les multinationales.

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